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Guantanamera Commençons donc par la Baie des Cochons, qui est en quelque sorte le Waterloo des Américains. Guantanamera fait en effet référence à la Côte Ouest de Cuba, là où les Américains avaient établi leur base. Ceci pour dire que Guantanamera a marqué l’Histoire avec un grand H. Guajira Guantanamera - le titre complet - n’a cependant absolument rien de militaire puisqu’il signifie jeune fille, petite paysanne de (la province de) Guantanamo. Le premier couplet débute par un fragment des Versos Sencillos, les "vers simples", une oeuvre de José Marti, un poète cubain du 19ème siècle. "Je suis un homme honnête et je viens de là où poussent les palmiers..." Hector Angulo - un intime de Fidel Castro - y a ajouté quelques couplets au début des années quarante, en se basant sur un récit populaire de la Havane. Lorsque vingt ans plus tard, ce même Angulo interprète la chanson pour des enfants en camp d’été à New York, un certain Pete Seeger tombe sous le charme. C’est lui qui supprime Guajira du titre et devient le premier d’une longue série d’interprètes de renom, en la compagnie desquels Helmut Lotti fait assurément bonne figure : Joan Baez, Trini Lopez, Digno Garçia, Joe Dassin, Nana Mouskouri, Julio Iglesias, Phil Manzarena... La mélodie est signée Joséito Fernandez. Fernandez, un personnage hors normes de la station de radio cubaine CMQ : lors des bulletins d’informations, c’est en chantant qu’il donne tous les jours ses commentaires improvisés. Et c’est de cette manière qu’il "inventa" en 1928 la mélodie de Guantanamera. Qui ne fut cependant enregistrée pour la première fois qu’en 1941, sous le titre "ma biographie" et avec comme sous-titre Guajira Guantanamera. |
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Solamente
Una Vez "Une fois seulement dans votre vie, vous rencontrerez l’Amour Vrai. Une fois seulement la passion enflammera votre âme. Cette chance, vous devez la saisir et tout laisser tomber. Même si ce n’est que pour cette seule nuit." Caractérisée par le jeu ardent des violons et de délicats tournoiements, la chanson mexicaine Solamente una vez nous ensorcelle en nous contant le drame passionnel sous-jacent à tout Amour Latin. Un drame intemporel et qui ne peut évidemment laisser de marbre aucun Latin lover. Grâce à la voix voilée d’Helmut Lotti, ce drame se voit conférer ici une valeur d’éternité.
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Eso
Beso Lyrics: Joe Sherman Music: Noël Sherman Fermez les yeux et pensez aux instruments à vent. Ce n’est pas un hasard si ce sont eux justement qui lancent Eso beso. Les lèvres à bec de la section des instruments à vent symbolisent en effet à merveille - même si c’était Pierre et le Loup de Prokofiev - ce dont il est question dans Eso beso : "ce baiser" ! Cette légère chanson d’amour de Puerto Rico, truffée des carambas, muchos, amors et sambas de rigueur, vous fait pétiller le sang dans les veines. Jusqu’à nouvel ordre en effet, la samba est encore toujours la "manière la plus swinguante de faire l’amour".
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Yo
Vendo Unos Ojos Negros Arrangement: Helmut Lotti & Wim Bohets Yo vendo unos ojos negros laisse couler ses larmes aux rives de l’océan. L’amant abandonné met ses yeux de couleur charbon en vente parce qu’ils sont envoûtés par la femme qu’il aime. Depuis sa disparition, il se sent également trahi par ses yeux. Cela ressemble à une tragédie grecque, mais l’origine est chilienne.
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La
Adelita Arrangement: Helmut Lotti & Wim Bohets La mesure à deux temps de La Adelita donne le tempo de la marche des soldats qui montaient au combat à l’époque de la révolution mexicaine. Les militaires ont dû laisser leurs amourettes à la maison et doivent se débrouiller seuls en amour. La Adelita est l’histoire d’une cantinière et d’un sergent, un amour qui s’épanouit sous les yeux d’un soldat désespérément amoureux et (donc ?) jaloux. Pour que les choses soient claires, une cantinière est une femme qui suit les troupes et qui propose toutes sortes de délices : à boire, à manger, mais aussi son corps.
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Malaguena Music: Elpidio Ramirez - Lyrics: P. Galindo & E. Ramirez Dans cette composition, Malaguena, la dame de Malaga, se voit offrir une véritable sérénade au balcon. Son soupirant est en effet totalement désargenté. Aussi cubaine que soit la chanson, il s’agit bel et bien ici de la ville côtière espagnole de Malaga. Malaguena fait en effet partie de la suite pour piano de Lecuona : Andalucia, Suite Espanola, une oeuvre qui date de 1928. Lecuona (1896-1963) est aussi l’auteur compositeur de Tabou, le hit instrumental de The Jokers. Sa Malaguena a également été interprétée sous le titre anglais At the crossroads. Mais Malaguena est surtout connue dans les versions interprétées notamment par Caterina Valente (‘54), Chet Atkins (‘57), Connie Francis (‘60), José Feliciano (‘70) et même The Tubes (‘75). Et que les choses soient bien claires : il ne faut surtout pas confondre cette Malaguena avec le hit Malaguena salerosa interprété par Trini Lopez en 1968 et signé par Sanchez et Galindo. |
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Adios
Mujer Lyrics: Helmut Lotti - Arrangement: Helmut Lotti & Wim Bohets Dans Adios mujer, Helmut Lotti fait ses adieux à la femme qu’il aime, dans un déchirant texte anglais écrit de sa main. En véritable Latin lover, il ne craint pas le pathétisme : "Je continuerai toujours de penser à cette nuit magique, même si nous n’avons pas d’avenir ensemble. Dans mes rêves, nos lèvres restent unies. Mais il faut à présent que je m’en aille."
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Esta
Noche Serena Arrangement: Helmut Lotti & Wim Bohets Que fait par une nuit d’insomnie un Latin lover au coeur brisé ? Il chantonne doucement pour lui-même ! Esta noche serena recherche les sagesses populaires de l’amour dans la redoutable nuit des montagnes chiliennes de haute altitude. L’arpège suggestif exprime la tristesse, peut-être même les "Cent ans de solitude" de Gabriel Garçia Marquez. Interprété par Helmut Lotti, le rythme plein de douceur se révèle plutôt attendrissant. "Parce que tu es mon ciel et que je suis ton étoile polaire, je reste éveillé la nuit pour toi."
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La
Cucaracha Arrangement: Helmut Lotti & Wim Bohets Revoilà la cantinière, la "voiture balai" féminine des troupes de soldats. La femme de moeurs légères essaie à présent de vendre non seulement des boissons, de la nourriture et son corps mais également de la marihuana, ceci dans le but de griser les soldats et de leur faire oublier privations et peines (de coeur). On se demande comment une femme aussi charitable a pu recevoir comme surnom La cucaracha, "le cafard". Mais La cucaracha fait également référence à l’une des périodes révolutionnaires de l’histoire militaire très mouvementée du Mexique, à l’époque où les combattants de la liberté marchaient encore au rythme de la mesure à trois temps.
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Sangue
Di Beirona Arrangement: Helmut Lotti & Wim Bohets Sangue di Beirona est le titre dont nous pouvons affirmer qu’il est à l’origine du projet Latino Classics. C’est à l’époque où Helmut Lotti travaillait sur Out of Africa qu’il a déniché cette chanson des Iles du Cap Vert. Plus proche de l’Afrique sur le plan géographique, elle a cependant une âme indéniablement latine - la langue est le portugais - ce qui explique qu’elle n’a finalement pas été retenue pour Out of Africa. Mais Sangue di Beirona a préparé le terrain pour ce nouveau voyage de découverte musicale. Comme quoi, Helmut Lotti se laisse guider sur le plan artistique par l’amour pur de la musique.
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Bésame
Mucho Lyrics & Music: Enrique Granados / ConsueloVelasquez La crainte d’être abandonné hante les Latins toujours débordants de passion. "Embrasse-moi, embrasse-moi" supplie Bésame mucho, "parce que j’ai peur de te conquérir et de te perdre à nouveau". Connue dans le monde entier, la chanson d’amour Besamo mucho est en fait l’aria-rossignol de Goyescas, le deuxième opéra du compositeur espagnol Enrique Granados (1867-1916) qui avait trouvé son inspiration dans les tableaux de Goya mais n’a pas récolté le succès attendu. L’opéra aurait dû être présenté en avant-première à Paris en 1914 : la Première Guerre mondiale vint cependant mettre fin aux espérances de l’auteur. La création avec le gratin des chanteurs d’opéra déménagea à New York pour y voir le jour en 1916, en présence de Granados. Dont le triomphe fut de courte durée. Sur le chemin du retour en effet, le navire avec à son bord Granados et les chanteurs fut torpillé par les Allemands. Goyescas connut donc une mort aussi brutale que prématurée. Il n’en existe d’ailleurs qu’un seul enregistrement (avec Consuelo Rubio et Ana Maria Miarte). Pour le fameux aria-rossignol, Granados avait cherché l’inspiration dans sa propre oeuvre, à savoir La jeune fille au rossignol, un morceau pour piano qu’il avait composé en 1911. Mais il fallait chercher loin pour y trouver le thème de Besamo mucho. Ce qui fut largement compensé plus tard dans de nombreuses versions à succès, notamment d’Andy Russel (la première sous le titre Besamo mucho en ‘44), de Jimmy Dorsey (‘44), Caterina Valente (‘58), The Coasters (‘60), The Beatles (‘62), Dalida (‘76) et Placido Domingo (‘90). Aussi familier que résonne à nos oreilles Bésame mucho, Helmut Lotti y ajoute une intensité subtile, perdue de vue depuis de nombreuses générations. Un retour aux sources ? Eh oui, parce qu’en fin de compte, Helmut est un authentique rossignol. |
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El
Choclo Lyrics: Helmut Lotti Arrangement: Helmut Lotti & Wim Bohets Instrumental à l’origine, d’innombrables textes ont au fil des ans été rédigés sur le thème argentin d’El Choclo. Et Helmut Lotti en rajoute un lui aussi, rédigé en anglais. Il y interprète d’emblée l’essence même du tango : "Chaque tango raconte l’histoire de l’âme des danseurs." Quelque chose comme : danse un tango avec moi et je te dirai qui tu es. On découvre ici un Helmut Lotti qui sait se déchaîner tout en restant maître de lui. Un artiste incomparable. La lente mesure à deux temps du tango fit son entrée dans les salons français et italiens juste avant la Première Guerre mondiale. Mais ses origines remontent des deux côtés du Rio de la Plata, à Buenos Aires et à Montevideo. La habanera cubaine, la milonga argentine et le candombé uruguayen entretiennent avec le tango des rapports explosifs. Mais c’est justement l’art du tango que de frôler l’explosion sans jamais la provoquer. Un art qu’Helmut Lotti maîtrise avec finesse, comme il nous le démontre pleinement ici. |
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La
Barca De Oro Arrangement: Helmut Lotti & Wim Bohets Le navire de l’or, La Barca de oro prendra très bientôt le large. Le chanteur part et laisse derrière lui la femme qu’il aime. Pas pour quelque temps mais bien pour toujours. "Tes oreilles n’entendront plus jamais mes chansons" lui chante-t-il. Une romance d’adieu d’origine mexicaine qui ne s’enlise pas dans un lyrisme de marin noyé sous les larmes, même "si la marée emportera mon océan de larmes". Subtile et raffinée, la poésie des mots et des sons la transforme au contraire en adorable chanson d’amour. Et le timbre magistral de la voix d’Helmut Lotti fait même miroiter à la fin l’espoir de se revoir, un jour, quelque part. Aussi vain puisse être cet espoir. Il fallait la touche du maître pour faire cette minime différence.
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Cuando
Calienta El Sol Lyrics & Music: Carlos & Mario Rigual Rodriguez / Carlos Alberti Martinoli Une magnifique chanson d’amour a vu le jour sur les plages baignées de soleil des Caraïbes, là où les touristes recherchent actuellement le soleil par les froids hivers européens. Cuando calienta el sol met à nu en un clin d’oeil le dédoublement de l’âme latine. Parce que même dans la nostalgie, il y a place pour une certaine gaieté. Ce n’est qu’en présence du soleil que le chanteur sent "les battements de ton coeur" dans le sable. Le souvenir flamboyant de celle qu’il aime remonte en parallèle avec la température sur la plage et atteint son apogée dans les intonations vocales d’Helmut Lotti.
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Marinheiro
So Arrangement: Helmut Lotti/Wim Bohets C’est en ondulant au rythme de la musique que La marinero raconte l’histoire d’un marin. Des petites amies l’attendent au port. La chanson transporte par voie maritime Helmut Lotti vers un Brésil gigantesque où pauvreté extrême et richesse incommensurable se côtoient mais où aucun rassemblement humain n’est jamais complet sans chansons émouvantes et pirouettes passionnelles. Helmut Lotti tire magistralement son épingle du jeu.
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La
Bamba Arrangement: Helmut Lotti/Wim Bohets Le "bambologue" Tom Miller a retrouvé des traces de la "danse des bisous" jusqu’au 17e siècle. Louie Perez, le batteur de Los Bobos confirme que La bamba est en tout état de cause un chant de mariage provenant de la région de Vera Cruz, au sud du Mexique. C’est Andres Huesca qui en a réalisé le plus ancien enregistrement connu, aux alentours de 1908, mais sous le titre El jarabe Veracruzano, "le mariage à Vera Cruz". Il existe toutefois d’innombrables variantes de cette danse populaire dont les couplets tout aussi innombrables sont souvent "inventés" sur place. Richie Valens fut toutefois le premier en 1958 à sortir La bamba. Encore que, sortir ?! Ce n’était en effet que la face b de son simple Donna. Rien qu’aux Etats-Unis, quelque cent cinquante artistes vont l’imiter. Sans même tenir compte de tous les Twist and Shout’s qui possèdent une identique structure mélodique et le même début. Mais La bamba résistera à l’épreuve du temps, grâce notamment à Trini Lopez (‘66), Dusty Springfield (‘68), Neil Diamond (‘69), Raymond van het Groenewoud & (père) Nico Gomez (‘83 dans le film Brussels by Night) et Los Lobos (‘87). La force d’attraction de La bamba réside dans le petit morceau de bravoure exécuté traditionnellement par le danseur : l’écharpe de l’un des hommes est jetée sur la piste de danse et transformée en noeud par un jeu de pieds. Ce noeud est jeté en l’air, comme apothéose. Le texte commence par les mots : "Pour danser la bamba, vous avez besoin d’un peu de charme, d’un peu de charme et de quelque chose en plus. Pour danser la bamba, vous devez bouger le bassin, les hanches et quelque chose en plus." Tout ce qu’il faut en plus, Helmut Lotti l’a et le jette dans l’arène. Et quelque chose en plus encore. Latino Classics ? Un Helmut Lotti à embrasser, tellement il est beau. Arilongo, arilongo, arilongo, el sombrero me lo quito y me lo pongo! |